Tendre rayon de soleil, déploies tes méandres,
Lueur vaporeuse et tiède, je loue ton impartialité,
Viens réchauffer mon âme et choyer mes pauvres membres,
Insinues toi de force, en jouant conquérant, par ma croisée.
Que ta douceur si impalpable
Tout tendrement vienne câliner
Mes vieux os et mes maigres doigts,
En ce livide matin, je le sens... ma vie s'en va.
Tendre rayon de soleil, mon ultime repère,
Maître du céans, par ta chaleur, oses donc percer,
La densité et la vigueur du nuage colère,
Essaies encore.. encore... viens me bercer.
La fin de cet automne , seule, accueille mon agonie,
Une grisaille insidieuse métamorphose ma chambre,
Tout est flou, escortes de ton aura la fin de ma vie,
Et sur mon corps, épanches-toi, c'est mon ultime demande.
Tendre rayon de soleil, mon dernier complice,
Autorises mes anciens excès, enveloppes-en mon frêle corps,
Ma vie n'a subie que l'abus, ponctuée par quelques vices,
Tolères mes acabits en ne reniant pas ma mort.
Je suis là, étendue sur mes draps, la face résignée vers la fenêtre,
Le rideau estompe mes inconvenances vécues, mon fort n'en ai toujours pas
dupe,
Cette avidité du bonheur n'a été qu'échec, mon seul accouchement s'appelle
mal-être,
Toutes mes manières tentées ont été fortuites et non reconnues.
Tendre rayon de soleil, je n'ai plus le temps de finir,
Ma vie de paria, n'a été qu'expérience, mais je n'ai plus de délai
Pour me justifier ou tenter de ressembler aux autres, de me convertir,
Il est trop tard aujourd'hui, mes propos sont désavoués, sont surfaits.
Tendre rayon de mon dernier soleil,
Accompagnes moi de tes bras retors,
Pour que mon âme impure se love dans ta lumière,
Et que je m'évapore, l'esprit libre, vers ton ailleurs... vers la
vérité...merci..vices