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Misère
L'hiver
frappe à notre porte
Sans crier gare,
la neige étend son blanc manteau
Je
me promène sur les berges d'un lac gelé
Un banc m'invite
à m'asseoir
Emmitouflée dans
mon manteau douillet
Autour de mon
cou, un gros cache nez
Je m'avance vers
ce banc si accueillant

Mais qu'est
ce? Cette chose incertaine!
Un paquet sans
forme et tout raide.
Hélas! un pauvre
bougre
Faute de manger a
trop bu
S'est endormi, ne
sentant plus ses engelures
Je le secoue
lentement ayant peur
Que trop le
bouger peut, peut-être le tuer!

Il risque
un œil pour voir l'intrigue
Ce n'est
que moi, mon pauvre homme!
Venez chez moi
vous chauffer
Et vous
réconforter, le gîte et le couvert vous
trouverez
Et lui de
répliquer, mais ma bonne mère
Ce n'est pas
encore Noël, mais juste me laver
Je veux
bien tempérer

La neige avait
redoublé d'intensité
Le pauvre
hère misérable
Me suivi avec
difficulté d'un pas hésitant
Jusqu'à
trébucher
Arrivé sous mon
porche, la lumière jaillit
D'où je puis
regarder son pauvre faciès amaigri
Tant par la faim
que par la maladie

Une longue barbe
rendait le tableau
Encore plus
dramatique
De ses grands
yeux vides et tout délavés
Il me
regardait comme si je me moquais.
Je le mis en
confiance et lui dis
Tout homme n'est
pas mauvais
Dieu nous a
appris à aimer et partager
Ma soupe
vous l'aimerez.

Au petit jour, il
est reparti doucement
Sans faire de
bruit avec son petit balluchon
Rempli de
quelques haillons.
Nul ne su ce
qu'il était devenu
Le pauvre hère
misérable, que je n'ai jamais revu
Auteur
Gégèe

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