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L
'annonce ...
Seule , et très abattue de grande solitude ,
Laissant choir pré- juger et prenant le journal
Je cherchais une page , comme la certitude ...
Voilà que s 'entre- ouvre un feuillet peu banal ...

Monsieur soixante cinq ans ,
charmant ,
aimant la famille
cherche Dame
pour rompre solitude ...

Moi cinquante six ans et encore jolie femme
J 'ai hoché bien ma tête trouvant ça farfelu ...
Mais captive me brûlait une flamme
Et jamais comme ce jour , me suis sentie perdue ...

J 'ai fermé , j 'ai pétri le papier en pelote ,
Sans issue paraissait la sphère autour de moi
Fuyant le désespoir m 'en allant vers la porte
La boule très froissée , a roulé sous mes pas

Je la prends , la défroisse et je la relis
Suffocant d un grand manque , plongée dans la détresse
Pris une feuille de papier, un stylo et j 'écris ...
Je réponds mentionne mes forces et mes faiblesses ...

Vaincue pour la pudeur , enveloppe à la main
Sans détours , sans discours un pied dans le chaos
J 'allais jusqu'au journal provoquant le Destin
Sitôt postée , à la messe du soir , je cherchais un rameau

La suite fût un un roman , tu me téléphonais ,
Banalités en échanges , pendant quelques jours
L 'un et l 'autre se sondions , et enfin tu t 'empressais
Puis pour le premier Mai , avions fixé le jour

Si tu me dis : "Émile , accompagne moi-là" :
Que tu ailles à ton Club , ou chez ton frère à Cannes
Je t 'accompagnerai , puis préparant des plats ,
Je viendrai te chercher , et ne serons qu' une âme

Mon coeur en branle-bas, oui je t 'aimais déjà
Ces mots là de ta part , dans mon âme une épée
J 'avais une folle envie , me blottir dans tes bras
Des tes yeux bleus candides une flamme oscillait...

En montagnes de tendresse , ta soupe était plaisir
Tous deux étions conquis , ensemble s' installions
Que d' amour et caresses et de rires à mourir
Toi mon ange gardien , forteresse , bastion ...

Tout ce beau temps d' amour , ne dura que quatre ans
Rien ne laissait douter que le ciel t 'enlevait
Et il y eu un soir , un mois agonisant
Personne ne voulait croire , tes jours étaient comptés ...

Je ne t 'ai pas quitté , et je restais meurtrie ,
Te tenant fort la main , toi un peu rassuré
Je savais , tu souffrais de la sale maladie
Quand un mortel matin , tu as lâché ma main ...

Et la vie continue , et mes rires se sont tus ,
C' était trop beau tu sais pour le vivre ici-bas ...
Je n 'ai que nos photos que je passe en revue ,
En attendant le jour que vienne mon tour à moi ...
Liliane
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