La vieille.


Tu me regardes et tu ne crois pas
Que je fasse d'aussi petits pas,
À ton âge, on ne peut imaginer,
Qu'on ait tant de misère à avancer.

Pourtant…

Quand j'étais petite, je courais,
Je jouais, sautais et gambadais.
Je grimpais dans les pommiers
Pour cueillir les fruits tant désirés


Quand c'est l'heure du déjeuner,
Tu t'efforces de me faire manger ;
J'ai la figure toute barbouillée,
Tu m'essuies, quand j'ai terminé…

Pourtant…

J'ai fais manger tous mes bébés
Leur laissant le temps d'avaler.
Je les essuyais à chaque bouchée,
Je ne les laissais pas salis de purée.



L'heure de la toilette est arrivée,
Tu te détournes et plisses le nez,
Mon piqué est un peu mouillé
Et moi, je me sens très humiliée.

Pourtant…

Mes draps étaient bien repassés,
J'ajoutais de la poudre parfumée
C'était un plaisir de se coucher
Dans les bras de mon mari adoré.


Quand tu seras aussi vieille que moi,
Quelqu'un d'autre fera comme toi,
À ce moment là, tu comprendras,
Qu'une vieille soit triste parfois.

Pourtant…

J'ai vécu des moments très heureux,
Je ne pensais pas à mes vieux jours
Qui me guettaient dans le détour.
Et qui arrivent plus vite qu'on le veut.



Terry. ( Mai 2006.)

 

 

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